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L'éditorial des économies d'Asie par Arnaud Rodier, journaliste

 

JE CONTINUERAI À ÉCRIRE

Unknown

 

L'attentat contre Charlie Hebdo n'est rien d'autre qu'un viol, non pas de la liberté d'expression, mais de la liberté tout court.

 

Je continuerai à écrire pour ne pas vomir.

Je continuerai à écrire pour dénoncer la connerie. Et rejeter l'arbitraire et le fanatisme d'où qu'ils viennent.

Je continuerai à écrire faute de pouvoir dessiner. Charlie Hebdo me suit depuis le lycée. Il s'appelait alors Hara-Kiri. Le journal bête et méchant. Quelle ironie.

Ce n'est pas un massacre monstreux qui me fera l'abandonner.

J'ai rencontré une ou deux fois son équipe en catimini quand j'étais étudiant à Nanterre. Trop impressionné pour ouvrir la bouche. Ensuite, je n'ai pas osé la recontacter. Mais j'ai continué à lire Charlie.  

Il a raison. On doit pouvoir se moquer de tout. C'est même souvent un devoir.

Je continuerai à écrire parce que personne ne peut empêcher personne de s'exprimer d'un coup d'arme à feu.

Je continuerai à écrire parce que les voix, les paroles, sont plus fortes que la mort. Dans les livres, au cinéma, elles continuent de résonner bien après que ceux qui les ont prononcées sont partis.

Je continuerai à écrire parce que le sang n'efface pas l'encre. Et surtout pas celle de Charlie Hebdo tant que je serai vivant.

Je continuerai à écrire parce que la plume est plus forte que le fusil.

Même si cette fois-ci je voudrais m'en servir par la pointe, comme d'une flêche ou d'un poignard.

Arnaud Rodier, janvier 2015