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L'éditorial des économies d'Asie par Arnaud Rodier, journaliste

 

CARNET DE ROUTE EN CORÉE DU NORD
 

L'envers du décor dans le pays le plus fermé du monde. Jeudi 8 janvier 2015 sur France 2.

 

 Pyongyang, capitale de la Corée du Nord. Le pays le plus fermé du monde. L'un des derniers pays communistes. Et une dictature implacable. Tombée entre les mains d'un gamin dont on ne sait rien: Kim Jong-un. Il a un visage poupin. Il serait malade. Il a fait exécuter un oncle qui le génait dans son ascension. Il joue avec la bombe atomique comme d'autres jouent avec des balles de golf.
Nathalie Tourret et Julien Alric n'ont pas triché. Ils se sont rendus en Corée du Nord avec leurs cartes de presse. Sans se faire passer pour des touristes ou des membres d'une ONG (Organisation non gouvernementale). Le gouvernement leur a bien sûr montré ce qu'il a voulu. Mais point par point le rideau se déchire lentement.
Un père de famille, filmé chez lui, explique sans état d'âme comment il se prépare à faire de son fils une "arme" pour le régime. Le petit uniforme militaire est accroché au mur. Une guide, souriante et maquillée, s'emmêle dans les chiffres pour faire croire que le "grand leader" offre des heures de cheval aux adolescents pour se détendre le week-end. Seule l'élite peut en profiter à des prix astronomiques qu'elle lache sans le vouloir.
Une femme sur son lit d'hôpital vante les mérites du système, alors que pas un seul effet personnel ne traîne dans la chambre. Exactement comme si on l'avait posée là avant le tournage. Une autre prépare chez elle le repas du soir avec les légumes "donnés" par le gouvernement. Mais quand elle dresse la table devant son mari, les plats n'ont rien à voir avec les denrées que l'on peut trouver sur le marché. Le regard de l'homme, à lui seul, montre qu'il n'en a sans doute jamais vu de tels de sa vie. Mise scène grossière.
L'embrigadement et l'enfermement sont omniprésents. Les deux réalisateurs de ce "Carnet de route en Corée du Nord" touchent là où ça fait mal. Sans insister. Pour m'y être moi-même rendu, je me rappelle les fonctionnaires qui ne me lachaient pas d'un pas. Ils avaient le sourire. Mais pas de nom, pas de carte de visite, et encore moins de numéro de téléphone. Ni vus, ni connus.

Jeudi 8 janvier, France 2. 20h45
Arnaud Rodier, janvier 2015