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L'éditorial des économies d'Asie par Arnaud Rodier, journaliste

 

LA BANQUE ASIATIQUE DE DÉVELOPPEMENT PARIE SUR L'INDE

 

L’Asie restera bel et bien le moteur de la croissance dans le monde en 2014, selon le dernier rapport de la Banque Asiatique de Développement (BAD). La hausse moyenne du PIB (produit intérieur brut) de la région, devrait être en effet de 6,2% cette année et de 6,4% en 2015, contre 6,1% l’an dernier.

 

Certes, souligne la banque, "le ralentissement de la demande extérieure a pénalisé certaine économie de la région, mais dans son ensemble l’Asie-Pacifique est sur la voie d’une croissance ferme". Mais elle ajoute que les trois plus grands pays d’Asie, la Chine l’Inde et l’Indonésie doivent pousser plus en avant leurs réformes structurelles.
L’Inde, en particulier, montre des signes de redressement significatifs. Le nouveau gouvernement de Narendra Modi, arrivé au pouvoir en mai, "est en meilleure position que l'ancien pour poursuivre les réformes nécessaires au déblocage de l'économie", juge la banque. Et d’ajouter que "Les réformes pour stimuler les investissements, la simplification des habilitations environnementales accordées aux entreprises, et les mesures destinées à contrôler l'inflation devraient accroître la demande d'exportations de la part des principales économies industrielles et ainsi relancer le potentiel de croissance".
La banque maintien donc son objectif de croissance de 5,5% pour cette année. Mais elle le relève de 0,3% par rapport à ses estimations précédentes pour 2015, à 6,3%.
Le pays, de surcroît s’est lancé dans une vaste opération de privatisation partielle des grandes entreprises d’État, notamment dans le pétrole, le gaz naturel et le charbon qui devrait lui rapporter 10,4 milliards de dollars. Opération que les analystes pensent qu’elle sera d’autant plus facile à boucler que ces entreprises ne sont pas chères.
Elles intéressent de nombreux étrangers, principalement dans les autres pays d’Asie.
En Chine, estime la Banque Asiatique de Développement, les mesures de stimulation de l’économie et d’assouplissement monétaire prises pendant l’été devraient permettre au gouvernement d’atteindre son objectif de croissance de 7,5% cette année, contre 7,7% l’an dernier. Mais celle-ci devrait retomber à 7,4% en 2015.
Des prévisions à faire pâlir d’envie les grands pays industrialisés, pour lesquels la BAD n’envisage qu’une croissance moyenne de 1,5% cette année.
Et, alors que la banque centrale des États-Unis (Fed) a qu'elle continuerait à réduire son soutien à l'économie américaine tout en maintenant qu'elle ne relèverait pas ses taux, ce qui avait provoqué un vent de panique dans de nombreuses économies émergentes, comme l'Indonésie, et des brusques mouvements de fuite de capitaux pesant sur leurs monnaies, la Banque Asiatique de Développement juge aujourd’hui que ces derniers sont parfaitement partis pour bien résister.
 
Arnaud Rodier, septembre 2014